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La saga des jeux vidéo - 4ème édition

La saga des jeux vidéo - 4ème édition

Introduction : Les Bâtisseurs de Rêve
Si Léonard de Vinci, David Griffith ou Michel-Ange étaient vivants aujourd’hui, il est probable qu’ils opèreraient dans une édition de jeu vidéo.
Hmm… Bien des critiques d’arts ricaneraient du haut de leur col à barrettes si on leur disait que les enfants de Kandinsky, d’Homère et de Méliès ont investi une terre inconnue, le jeu interactif, qu’eux-mêmes assimileraient volontiers à un divertissement de second ordre. Pourtant, s’ils ôtaient leurs lunettes déformantes, ils découvriraient que la fougue et la flamme des grands artistes sont là, là où ne les chercherait pas.
Où peut-on chercher les bâtisseurs de rêves du siècle nouveau ? Ils ne sont pas dans l’architecture avec ses pans de béton moulé comme des galettes d’un mitron assoupi, dénuée de tout souvenir du Beau. Ils ont déserté le cinéma d’Hollywood depuis que des assemblées de bouffeurs de pop-corn ont été investis du droit de dicter aux réalisateurs le dénouement de leurs histoires. On les cherche en vain dans l’académisme formel d’un jazz revisitant les standards du passé ou d’une musique rock trop respectueuse de ses héros d’antan pour oser l’émancipation.
Inutile de demander avis aux instances établies. Les conservateurs ont cela de touchant qu’ils prennent toujours le train en marche dix ans, vingt ans ou un siècle trop tard. Incapable d’une extase authentique, ils doivent attendre le verdict d’une école officielle pour s’autoriser à exprimer leur pâmoison.
S’il faut chercher une nouvelle Renaissance artistique, elle est pourtant là, dans l’univers du jeu vidéo.
Shigeru Miyamoto, Will Wright ou Michel Ancel sont les équivalents modernes des grands artistes de jadis. Le monde n’en sait rien ? Quoi de neuf, docteur : les grands créateurs sont rarement là où on les aurait attendus. Les contemporains de Van Gogh, Modigliani ou Schubert ne les ont pas consacrés de leur vivant.